L’ORIGINE DES BIJOUX CRÉOLES

L’ORIGINE DES BIJOUX CRÉOLES

La femme créole est coquette et toujours parée de bijoux créés avec habileté. L’histoire nous conte comment sont apparus les bijoux Créoles. Lisons.

Selon Anca Bertrand : “Au XVII° siècle, le costume du dimanche des hommes avait des boutons d’argent et de pierres façonnées aux poignets et au col. Les laquais avaient un turban avec des pendants d’oreilles et un carcan d’argent gravé aux armes de leurs maîtres. Les femmes avaient des pendants d’oreilles, des bracelets et des colliers en rassade. Les enfants portaient des grelots aux jambes et aux poignets et une ceinture en rassade bleue, blanche ou verte.” “Dès la fin du XVII° siècle, les esclaves achetaient de l’or et des bijoux avec la vente des produits de leur jardin. Le R.P. Labat signale les premiers bijoux en or : boucles d’oreilles, colliers et croix. Selon la tradition orale, les esclaves favorites portaient des anneaux d’or à la cheville, des boucles d’oreilles et la chaîne “forçat” pour ne pas oublier leur véritable condition.” Les artisans bijoutiers sont d’anciens esclaves affranchis.


Toujours selon Anca Bertrand : “ Mais l’artisan créole a puisé des formes nouvelles dans la tradition africaine, où existait un puissant art décoratif et mélangeant avec des données du milieu ambiant, créa des bijoux locaux, comme la parure “chenille”, “nid d’abeille”, “fagot de cannes”,“boutons à clous”.“D’Afrique viennent particulièrement les proportions des formes et l’amoncellement de plusieurs parures sur une même toilette.”


“Les plaques superposées ont permis la création de beaux bijoux à étages qui, aux Antilles,ont pris le nom de “nid d’abeille”, “tété-négresse”, “pomme-cannelle”, etc … Les torsades, très généralisées en Afrique arabe et noire occidentale se retrouvent aux Antilles sous la forme de“créoles à torsade”, parure à la pierre noire, la “chenille”, “l’épingle tremblante”, etc … “


Selon Lafcadio Hearn dans les “Contes des Tropiques” : “ Le collier-chou mérite une attention particulière parce que c’est le bijou le plus répandu aux îles. On peut lui supposer une double origine, issue autant d’Europe que d’Afrique.”“ … en remplacement de la perle; c’était le collier en grains d’or, ces grains que les Africains connaissent bien. Les artisans créoles les fabriquaient en perles creuses et on achetait par deux ou trois grains à la fois. Quand on en avait un nombre suffisant, on les montait en collier : les fameux “colliers-choux” et “colliers-grains d’or”. Les Dâs du XIX° siècle recevaient , à chaque anniversaire et étrennes, plusieurs grains d’or de la part des enfants, qu’elles avaient élevés. Leur fierté était d’en avoir beaucoup et d’en faire de longs colliers, témoignage de leurs années de travail autant que de leur coquetterie. Elles montaient aussi, volontiers, en épingles tremblantes, les cheveux ou les premières dents de leur bébé favori.” “Dans ces îles, le bijou restera longtemps le seul signe extérieur de richesse des couches campagnardes, à qui la propriété terrienne faisait cruellement défaut.”


Collier-chou: Collier Martiniquais fait de grains en or ayant la forme de petits choux.


Collier-grains d’or: Collier Guadeloupéen fait de petites sphères creuses en or, avec un magnifique fermoir. Un beau collier doit faire sept tours de cou, avant de retomber sur la poitrine et le fermoir est mis en avant comme élément décoratif.
Le forçat : ce collier est composé de paires de mailles ovales, creuses et emboîtées chaque paire étant composée d’une maille lisse et d’une maille striée.
Il peut être porté en ras de cou, en collier ou en sautoir (forme la plus courante anciennement), rappelant symboliquement la chaîne de l’esclave. Il était offert en gage d’attachement à la femme aimée. Les mailles de ce collier peuvent être de dimension variée.
Boucles créoles ou Créoles: Boucles d’oreilles en or avec une large boucle.


Épingles tremblantes: Ces épingles ont à leur sommet une fine bande d’or qui vibre quand la femme se déplace.”
Les Pommes cannelles : tirent leur inspiration de la flore locale ; elles sont réalisées à partir de la technique d’origine arabe ou africaine de superposition des plaques d’or.


La pomme cannelle est composée d’un cercle d’or à l’intérieur duquel sont montés en cône des corolles aux pétales détachées rappelant les écailles du fruit : celles-ci se terminant au sommet par un grain d’or. Il ne faut absolument pas confondre pomme cannelle et dahlia.Les Dahlias : toujours réalisé à partir de la même technique, le dahlia est composé d’un cercle d’or à l’intérieur duquel se juxtaposent une série de fleurs rondes ayant en leur centre un minuscule grain d’or.


Cette superposition de fleurs se termine par un gros grain d’or en son centre. Au niveau de la forme, le dahlia a un aspect «plus plat» que la pomme cannelle rappelant en cela la forme de la fleur.


Le «Tété négresse» : comprend un cercle de grains d’or à l’intérieur duquel sont montés en superposition une série de petites fleurs (les mêmes que celles du dahlia) se terminant par un grain choux au sommet – les femmes noires ayant la réputation d’avoir les seins bien formés et «pointus» (tété doubout) – d’où cette appellation si réaliste.

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Des broches de format imposant , s’accordent avec les boucles d’oreille notamment les pommes cannelles, nids de guêpes, pierres noires, nicolos, chenilles, tété négresse et camées.Dans les années 1950 la tendance tend vers les broches araignées et orchidées venant de Guyane et du Vénézuela. Ce qui est important de retenir beaucoup d’esclaves « Apprentis orfèvres » d’Amérique étaient envoyés par leurs maîtres en Europe pour des stages de formation. Ce sont eux qui ont donné naissance au bijou créole traditionnel. Le bijou créole reprend de plus en plus sa place dans la mode et reste visible avec notamment lors du défilé de la »fête des cuisinières » en Guadeloupe.

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